Beyond Records: Adoptees’ Experiences of Family Origins and Reunion in Quebec’s Changing Legal Landscape

Auteurs :
Anne-Marie Piché et Geneviève Pagé

Thématique principale :
Adoption

Discipline(s) :
Travail social

Année de publication : 2025

Type de publication :
Article de revue scientifique

Langue : Anglais

Références :
Anne-Marie Piché et Geneviève Pagé, « Beyond Records : Adoptee’s Experience of Family Origins and Reunion in Quebec’s Changing Legal Landscape » (2026) 29 : 1-2 Adoption Quarterly 139


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Mots clés :

Adoption, recherche et réunion, identité, confidentialité

Beyond Records: Adoptees’ Experiences of Family Origins and Reunion in Quebec’s Changing Legal Landscape

À propos de la recherche

Objectif de l’étude

« Cette étude vise à : (1) explorer les expériences des personnes adoptées […] au sujet de leur recherche (ou non) de leurs origines, (2) examiner les méthodes formelles et informelles ainsi que les ressources qu’elles ont utilisées durant leur processus de recherche, (3) comprendre l’expérience globale et les défis qu’elles ont rencontrés et (4) creuser dans les représentations qu’ont les personnes adoptées de leurs “origines” […] » (p. 10, traduction libre).

Méthodologie utilisée

Les données ont été recueillies au moyen d’entrevues semi-dirigées menées auprès de seize personnes participantes, toutes adoptées avant l’âge d’un an et âgées de 14 à 68 ans au moment de l’étude. Aucune n’avait eu accès à des informations sur sa famille biologique en grandissant. Quatorze des seize personnes participantes avaient entrepris des démarches pour retracer leur famille biologique. Les entrevues ont été enregistrées lorsque la personne y consentait, puis transcrites et codifiées. Les résultats découlent d’une « analyse thématique classique » (p. 12, traduction libre) de ces transcriptions.

Population ou objet d’étude

Personnes adoptées

Territoire visé par la recherche

Québec

Ce que révèle la recherche

« Malgré les réformes législatives, les personnes adoptées continuent de rencontrer des barrières administratives, légales et émotionnelles lorsqu’elles tentent d’accéder à leur dossier et leur historique d’adoption » (p. 13, traduction libre).

Sur les plans légal et administratif, les personnes participantes ont identifié plusieurs barrières, notamment le refus de divulgation d’informations par les parents biologiques et le manque général de transparence quant au processus d’accès à l’information. Sur le plan émotionnel, elles ont déploré un manque de soutien tout au long du processus, ainsi qu’un manque de conseil et de préparation avant un premier contact. Ces éléments ont généré chez plusieurs un sentiment d’insatisfaction, de frustration ou d’isolement. « [C]es considérations illustrent non seulement les complexités émotionnelles impliquées dans le processus de recherche des personnes adoptées, mais également l’importance critique d’un soutien opportun, personnalisé et transparent de la part des services sociaux » (p. 15, traduction libre).

Parallèlement au processus formel d’accès aux origines, les personnes adoptées ont recours à des méthodes informelles pour obtenir des réponses, comme les réseaux sociaux, les communautés en ligne ou les tests génétiques de type « direct-to-consumer ».

Un contraste important est rapporté entre la quantité limitée d’information qu’il est possible d’obtenir via les procédures prévues par la loi et l’« abondance de noms et de connexions » (p. 17, traduction libre) obtenue à l’aide des démarches informelles. Plusieurs personnes participantes associent ces démarches informelles à un plus grand sentiment de contrôle et d’autonomie dans leurs recherches, ainsi qu’à un accès plus rapide à l’information. « La recherche à l’aide des réseaux sociaux semble plus spontanée, moins restrictive et offre la possibilité de créer des relations sincères, directes et authentiques avec les autres – cela étant beaucoup plus significatif que le simple fait de recevoir un résumé écrit » (p. 18, traduction libre). Toutefois, les personnes participantes soulignent les défis associés à ces démarches, notamment l’absence d’accompagnement professionnel pour les soutenir dans ce processus. Les autrices mettent également en évidence les enjeux éthiques que soulèvent ces pratiques, notamment ceux liés au respect de la vie privée des parents biologiques.

Les personnes participantes soulignent l’importance d’avoir accès à un soutien psychosocial afin d’être accompagnées dans les émotions liées à la recherche de leurs origines.

Malgré les services annoncés dans le cadre des réformes institutionnelles, certaines personnes participantes rapportent n’avoir reçu que peu, voire aucune, information à l’égard de ces services. Elles indiquent qu’une meilleure préparation aurait facilité les premiers contacts avec leur famille d’origine. La recherche révèle que les personnes adoptées ont souvent dû composer seules avec des émotions complexes, telles que la déception, la confusion, la baisse de motivation face au processus et la quête de sens qui l’accompagne. Les personnes participantes soulignent l’importance d’un accompagnement continu, notamment pour les aider à « faire face au rejet » (p. 21, traduction libre).

Le principal apport de cette étude est de « souligner les difficultés persistantes que rencontrent les personnes adoptées qui tentent d’avoir accès à leurs actes de naissance et de reconstruire leurs origines, malgré les réformes législatives prétendument destinées à améliorer la transparence du processus » (p. 21, traduction libre).

Les liens avec les droits de l’enfant (CIDE)


Droit concerné Article de la CIDE Liens avec la recherche
L’intérêt supérieur de l’enfant Art. 3

La considération de l’intérêt supérieur de l’enfant est un principe transversal à la CIDE, présent dans l’application de tous les droits consacrés par celle-ci. Dans le contexte du développement de l’identité de l’enfant, la considération de son intérêt implique, notamment, de lui assurer un accès aux informations sur sa famille biologique (Comité des droits de l’enfant, Observation générale n° 14).

L’étude souligne justement l’intérêt pour les personnes adoptées d’avoir accès aux informations relatives à leur famille biologique afin de mieux comprendre leurs origines. « Le développement de l’identité des personnes adoptées est intimement lié à la formation de relations significatives dès le plus jeune âge ainsi qu’aux récits provenant des contextes familiaux de leur famille adoptive et, idéalement, de leur famille biologique » (p. 22, traduction libre). Il est donc dans l’intérêt supérieur de l’enfant qui le désire d’avoir accès aux informations relatives à ses origines biologiques.

Le droit à un nom et de connaitre ses parents Art. 7

Les enfants ont droit à un nom ainsi que, « dans la mesure du possible », de leurs parents et d’être élevés par eux (art. 7 par. 1 CIDE).

Les réformes législatives en matière d’adoption facilitent, dans une certaine mesure, l’accès des personnes adoptées aux informations telles que leur nom de naissance ou le nom de leurs parents biologiques. Les résultats rapportés dans l’article soulignent que le contact avec la famille élargie ou les proches des parents biologiques joue un rôle important dans la quête des personnes adoptées visant à obtenir des renseignements sur leurs parents biologiques. Ces rencontres leur permettent d’apprendre à connaître leurs parents biologiques à travers les histoires de leurs proches. « Contrairement aux résumés écrits [obtenus grâce au processus officiel], les informations partagées par ces individus étaient souvent plus vives, réelles et personnelles. Elles incluaient des histoires, des photos et même des effets personnels du parent biologique » (p. 19, traduction libre).

Le droit de préserver son identité et ses relations familiales Art. 8

Les enfants ont le droit de préserver leur identité et de ne pas être illégalement privés des éléments constitutifs de celle-ci. Ils ont également le droit au maintien de leurs relations familiales.

L’étude présente l’ambivalence vécue par les personnes adoptées entre leur « identité adoptive établie et leurs origines biologiques inconnues » (p. 2, traduction libre). En outre, elle montre que la recherche de ces informations constitue « un aspect central du processus de formation de l’identité des personnes adoptées » (p. 21, traduction libre). À cet égard, les chercheuses critiquent le modèle québécois d’adoption et plaident pour le développement d’un « cadre qui valide la connexion dualiste des personnes adoptées autant à leur famille biologique qu’à leur famille adoptive » (p. 28, traduction libre).

Le droit à ce que l’intérêt de l’enfant soit la considération primordiale en matière d’adoption Art. 21

L’intérêt supérieur de l’enfant doit être la considération primordiale dans l’examen des décisions en matière d’adoption.

Dans le même sens, en droit québécois, toute adoption ne peut être prononcée que si celle-ci est conforme à l’intérêt de l’enfant, tel que l’énonce l’article 543 du Code civil du Québec. Même si on suppose que ce principe a été respecté dans les décisions relatives aux adoptions des personnes participantes à l’étude, les résultats de l’article soulignent que certains enjeux subsistent dans la vie des personnes adoptées, notamment quant à l’accès à leurs origines et aux informations sur leurs parents biologiques.

Auteurs :
Anne-Marie Piché et Geneviève Pagé

Thématique principale :
Adoption

Discipline(s) :
Travail social

Année de publication : 2025

Type de publication :
Article de revue scientifique

Langue : Anglais

Références :
Anne-Marie Piché et Geneviève Pagé, « Beyond Records : Adoptee’s Experience of Family Origins and Reunion in Quebec’s Changing Legal Landscape » (2026) 29 : 1-2 Adoption Quarterly 139


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