
Crédit photo : David Boily, La Presse

Crédit photo : David Boily, La Presse
« Poignardée à 14 ans par un garçon qu’elle avait rejeté | « Je me disais qu’il allait me tuer » »
Le 18 février 2026, La Presse rapportait l’histoire d’une adolescente de 14 ans qui a été poignardée en octobre par un ancien camarade de classe âgé de 17 ans. La victime avait rejeté à plusieurs reprises les avances de ce dernier et elle croit que c’est ce rejet qui aurait motivé son agression. La victime a survécu, mais elle souffre de graves blessures psychologiques. L’agresseur, accusé de tentative de meurtre et de possession d’arme, était quant à lui détenu à l’Institut Philippe-Pinel au moment de la publication de l’article.
Cette situation soulève de nombreux enjeux liés aux droits protégés par la Convention internationale relative aux droits de l'enfant. Cette convention, qui garantit des droits à toutes les personnes âgées de moins de 18 ans, s’applique tant à la victime qu’à l’accusé considérant qu’il s’agit de deux personnes mineures.
Les droits de l’enfant victime
Les articles 19 et 39 de la CIDE imposent aux États parties des obligations visant à protéger les enfants contre la violence et à soutenir ceux qui en sont victimes.
Le droit de l’enfant d’être protégé contre la violence
Les États doivent prendre toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives afin de protéger les enfants de toute forme de violence, qu’elle soit physique ou psychologique (art. 19 CIDE). Cette disposition souligne aussi l’importance de la prévention afin de réduire la violence faite aux enfants.
Le droit à des mesures de réadaptation et de réinsertion
La CIDE prévoit également l’obligation pour les États de prendre toutes les mesures appropriées afin de favoriser la réadaptation physique et psychologique, ainsi que la réinsertion sociale d’un enfant victime de tout traitement cruel, inhumain ou dégradant (art 39 CIDE). Ces mesures peuvent notamment inclure des services de santé, de psychologie, de travail social et d’assistance juridique.
Au Québec, plusieurs organismes, dont le Centre d'aide aux victimes d'actes criminels (CAVAC), offrent ce type de soutien, en apportant une aide gratuite aux victimes.
*Pour en savoir plus sur les droits de l'enfant victime d'une infraction criminelle.
Les droits de l’enfant accusé
Les articles 37 et 40 de la CIDE assurent à l’enfant qui est accusé d’une infraction criminelle plusieurs garanties procédurales, comme le droit d’être assisté par un avocat, d’être présumé innocent jusqu’à preuve du contraire, d’être informé des accusations portées contre lui et de recevoir une assistance juridique (art. 40 CIDE). S’il est reconnu coupable de l’infraction qui lui est reprochée, il a également le droit de contester cette décision, de ne pas être incarcéré avec les adultes et de maintenir des contacts avec sa famille (art. 37 CIDE).
*Pour en savoir plus sur les droits de l'enfant accusé d'une infraction criminelle.
Les droits communs de l’enfant victime et de l’enfant accusé
La CIDE protège également plusieurs droits qui s’appliquent à tous les enfants, qu’ils soient victimes ou accusés.
Le droit que l’intérêt de l’enfant soit une considération primordiale
L’un des plus importants est celui de l’intérêt supérieur de l’enfant. Lorsque les États prennent des décisions qui concernent les enfants, leur intérêt supérieur doit être une considération primordiale (art. 3 par. 1 CIDE). Cela signifie concrètement que le juge, lorsqu'il rend ses décisions, doit considérer l'intérêt supérieur de l'enfant victime, mais aussi celui de l'enfant accusé.
Le droit d’être entendu
Les états doivent également permettre, à tout enfant capable de discernement, le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant. Cette opinion est considérée selon son âge et son niveau de maturité (art. 12 par. 1 CIDE). Ce droit inclut notamment la possibilité pour l’enfant d’être entendu dans toute procédure judiciaire l’intéressant, soit directement ou par un intermédiaire. Dans la situation présentée, cela signifie que l’adolescent accusé pourra faire entendre sa version des faits lors du procès, tandis que l’adolescente victime pourra également témoigner et exprimer son point de vue.
Le droit à la protection de la vie privée
Enfin, la Convention protège le respect du droit à la vie privée de tout enfant (art. 16 CIDE). Dans un contexte judiciaire et médiatique, cela signifie que l’identité des adolescents – victime et accusé – doit demeurer confidentielle.