Deux étudiantes à côté d'un casier dans le corridor d'une école.
Crédit photo : Robert Skinner, Archives La Presse/Photomontage La Presse
Deux étudiantes à côté d'un casier dans le corridor d'une école.

Crédit photo : Robert Skinner, Archives La Presse/Photomontage La Presse

« Violence envers les filles dans les écoles | La Santé publique sonne l’alarme »

Le 25 mars dernier, La Presse rapportait les résultats d’un rapport de la Direction régionale de santé publique de Montréal. Ce rapport, basé sur les réponses d’un questionnaire rempli par 5800 élèves des écoles secondaires de Montréal, montre une hausse de la violence vécue par les adolescents et adolescentes du secondaire. Ces violences prennent souvent la forme d’insultes, de violences physiques et de menaces.

Le rapport indique que 41 % des jeunes répondants disent vivre de la violence, par rapport à 36 % en 2016-2017. Le rapport indique que cette hausse s’observe principalement chez les filles. En effet, la proportion d’adolescentes disant vivre de la violence à l’école « n’a cessé d’augmenter depuis 2010-2011 », passant de 31 % à 38 % en 2022-2023. Pourtant, la violence a globalement diminué auprès des adolescents pendant cette même période.

L’article fait également un lien avec la violence vécue par les adolescents dans leurs relations amoureuses et soulève des hypothèses quant à l’origine de cette hausse. Ces hypothèses sont notamment une meilleure capacité des jeunes à identifier les situations de violence, la hausse de l’exposition à la violence et aux discours haineux sur les réseaux sociaux ainsi que les difficultés des jeunes à socialiser et à gérer leurs frustrations en raison de leur exposition aux écrans.

Cette hausse de la violence vécue par les élèves du secondaire soulève plusieurs enjeux liés aux droits prévus dans la Convention internationale relative aux droits de l’enfant.

Le droit à la protection contre toute forme de violence

L’article 19 de la CIDE oblige les États à prendre des mesures effectives pour assurer la protection des enfants et des adolescents contre toute forme de violence, ce qui comprend la violence physique, psychologique et sexuelle. Cette protection peut notamment s’exprimer à travers le soutien des initiatives visant à prévenir la violence, comme la création de comités étudiants « pour lutter contre le harcèlement scolaire ».

Le droit à la vie, à la survie et au développement

Certains contenus diffusés sur les réseaux sociaux ainsi que l’exposition aux écrans sont identifiés par certaines personnes comme des hypothèses permettant d’expliquer la hausse de la violence chez les jeunes. La question de l’environnement numérique pose justement certains enjeux relatifs aux droits de l’enfant, dont son droit à la vie, à la survie et au développement prévu à l’article 6 de la CIDE. À cette fin, le Comité des droits de l’enfant précise que les États doivent prendre en considération les risques associés à l’utilisation du numérique, entre autres sur le développement neurologique et social de l’enfant, et ce, de la petite enfance à l’adolescence. L’utilisation du numérique doit rester bénéfique pour les enfants et ne pas nuire à leurs relations avec les gens autour d’eux. Les États sont également tenus de prendre des mesures pour protéger les enfants, par exemple en atténuant les risques d’exposition à la violence ou à des contenus haineux dans l'environnement numérique et sur les réseaux sociaux.

Toutefois, les mesures liées à l’encadrement du numérique adoptées par les États doivent s’adapter à l’évolution des capacités de l’enfant et reconnaitre son autonomie en développement.

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