L’absentéisme chronique demeure difficile à quantifier aujourd’hui.
Crédit photo : Charles William Pelletier, La Presse
L’absentéisme chronique demeure difficile à quantifier aujourd’hui.

Crédit photo : Charles William Pelletier, La Presse

« Portrait de l’absentéisme chronique | Absents des bancs d’école plus de 100 jours par année »

Le 6 avril 2026, La Presse rapportait le contenu d’une enquête sur l’absentéisme scolaire chronique. L’intervenante Lory-El Dumas Daigle, en collaboration avec le Carrefour jeunesse-emploi de Montcalm, a procédé à des entrevues de fond avec 15 jeunes, 7 parents et 6 intervenants.

Les témoignages des adolescents permettent de comprendre les différentes causes qui les poussent à s’absenter plus de 100 jours par année, notamment l’obligation de travailler en raison des difficultés financières familiales, les difficultés scolaires, la démotivation, l’anxiété et les mauvaises fréquentations. Ces différents facteurs tendent à se cumuler et deviennent difficiles à surmonter. Les intervenants mentionnent aussi un roulement de personnel important dans les milieux défavorisés, un manque d’encadrement des parents, ainsi qu’un protocole scolaire insuffisant pour faire le suivi des absences et lutter contre l’absentéisme.

Cette situation soulève plusieurs enjeux liés aux droits protégés par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant (CIDE), ainsi qu’aux obligations imposées par la Loi sur l’instruction publique :

Le droit au développement

L’article 6 de la CIDE protège le droit de l’enfant au développement physique, mental, spirituel, moral et social. Bien que l’article 18 de la CIDE précise que les parents sont les premiers responsables de l’éducation et du développement de l’enfant, les États ont néanmoins une obligation d’assistance pour les aider à remplir cette obligation. Pour ce faire, les États doivent mettre en place des institutions, des établissements et des services chargés de veiller au bien-être des enfants. Ainsi, les parents ont la responsabilité d’assurer l’encadrement de leur enfant, alors que l’État doit fournir suffisamment de ressources aux parents, mais aussi aux établissements scolaires pour favoriser le développement global des enfants.

Le droit à l’éducation

Le Comité des droits de l’enfant souligne l’importance de l’éducation dans la prévention de la délinquance et dans la préparation des jeunes à assumer leurs responsabilités au sein de la société. Dans cette perspective, l’article 28 de la CIDE protège le droit de l’enfant à l’éducation, fondé sur l’égalité des chances. Les États doivent donc prendre des mesures pour encourager la régularité de la fréquentation scolaire et lutter contre le décrochage scolaire.

De plus, l’article 32 de la CIDE précise que l’enfant ne doit pas être astreint à exercer un travail susceptible de compromettre son éducation ou son développement. Le comité des droits de l’enfant, reconnaissant que l

L’obligation de fréquentation scolaire

En droit québécois, l’article 14 de la Loi sur l’instruction publique impose à l’enfant de fréquenter l’école jusqu’à la fin de l’année scolaire au cours de laquelle il atteint l’âge de 16 ans. L’article 17 de cette loi prévoit également que les parents doivent prendre les moyens nécessaires pour assurer le respect de cette obligation.

De leur côté, les Centres de service scolaire et les directions des écoles ont l’obligation d’intervenir afin de régulariser la situation de l’enfant, et d’effectuer un signalement à la Directrice de la protection de la jeunesse (DPJ) lorsque ces démarches n’ont pas permis d’améliorer la fréquentation scolaire de l’enfant (art. 17.1 et 18 Loi sur l’instruction publique). La Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) prévoit d’ailleurs le non-respect de l’obligation de fréquentation scolaire constitue une situation de compromission, sous le motif de négligence éducative (art. 38 b)(1)iii) LPJ).

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