Un automobiliste met de l'essence dans une voiture
Crédit photo : Philippe Boivin, Archives de La Presse
Un automobiliste met de l'essence dans une voiture

Crédit photo : Philippe Boivin, Archives de La Presse

« Cancers chez les enfants | Vivre à proximité des stations-service serait un facteur de risque »

Le 2 mai dernier, La Presse publiait une chronique rapportant les résultats d’une étude sur le « rôle de la pollution de l’air sur la santé des enfants ». Cette étude analyse la corrélation entre le développement de cancers infantiles et la proximité de leur résidence à une ou plusieurs stations-service. Ce projet de recherche, mené auprès de 824 000 enfants nés entre 2007 et 2024, conclut que la proximité entre le lieu de résidence d’un enfant et une ou plusieurs stations-service augmenterait le risque de cancers chez les enfants, particulièrement les leucémies. En effet, l’article rapporte que les enfants qui vivent « à 100 m et moins d’une station-service ont 14 % plus de risque de développer un cancer et sont 35 % plus susceptibles d’être atteints d’une leucémie » par rapport aux enfants qui ne vivent pas à proximité d’une station-service.

Un des chercheurs du projet, Stéphane Buteau, nuance toutefois les résultats et précise que le message des chercheurs est de procéder avec précaution. Il soutient que la mise en place de mesures d’atténuation, comme des systèmes de récupération des vapeurs ou la fixation de distances minimales entre les stations-service et les nouveaux milieux résidentiels, les garderies et les écoles, est « justifiée ». En ce sens, un système de récupération des vapeurs est instauré dans la ville de Montréal et l’étude soutient que ce système mis en place contribue à la diminution du risque de cancer.

Les résultats de cette étude soulèvent certains enjeux liés aux droits de l’enfant prévus dans la Convention internationale relative aux droits de l’enfant.

Le droit à la vie, à la survie et au développement

La CIDE, à son article 6, reconnait à l’enfant le droit à la vie, à la survie et au développement. Selon le Comité des droits de l’enfant, ce droit s’exprime notamment à travers le droit de l’enfant de se développer dans un environnement sain et les États ont l’obligation d’agir de façon à assurer le bien-être des enfants.

La chronique mentionnée ci-haut évoque certaines mesures pouvant être prises par les institutions publiques et les organes législatifs pour favoriser le bien-être des enfants et tenter de prévenir les risques de leucémie et autres cancers infantiles liés à la proximité des stations-service de leur résidence.

Le droit de jouir du meilleur état de santé possible

L’article 24 de la CIDE reconnait également à l’enfant de droit de jouir du meilleur état de santé possible. Selon le Comité des droits de l’enfant, cet article impose aux États des obligations d’agir afin de protéger la santé environnementale des lieux où les enfants vivent.

L’étude citée dans la chronique s’est concentrée sur l’effet de la proximité des stations-service sur le développement de cancers en raison de la présence de benzène dans l’essence, soit une substance volatile et cancérogène pour l’être humain. La mise en œuvre de mesures d’atténuation des effets des vapeurs d’essence, pour limiter les impacts de la proximité des stations-service sur la santé des enfants, contribue à protéger la qualité de l’environnement des lieux où vivent ces derniers et à freiner la hausse du risque de cancers pédiatriques associé à ce facteur environnemental. En adoptant ce type de mesure, l’État se conforme à ses obligations relatives à la santé des enfants.

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