Travailler dans un organisme communautaire et accompagner un parent d’enfant placé : quelles pratiques sont privilégiées ?

Auteurs :
Émilie Pelletier, Frédérike Ross, Julie Noël et Deborah Ummel

Thématique principale :
Accompagnement des parents, protection de la jeunesse, intervention des organismes communautaires

Discipline(s) :
Travail social, psychoéducation

Année de publication : 2024

Type de publication :
Article de revue scientifique

Langue : Français

Références :
Émilie Pelletier et al, « Travailler dans un organisme communautaire et accompagner un parent d’enfant placé : quelles pratiques sont privilégiées ? » (2024) 160 Intervention 49.


Hyperlien vers la publication

Mots clés :

Organismes communautaires, placement en protection de la jeunesse, intervention, relation d’aide, parents d’enfant placé

Travailler dans un organisme communautaire et accompagner un parent d’enfant placé : quelles pratiques sont privilégiées ?

À propos de la recherche

Objectif de l’étude

Documenter les interventions effectuées au sein des organismes communautaires auprès des parents dont les enfants ont été placés en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse.

La question abordée spécifiquement dans l’article vise à décrire les « interventions privilégiées » des personnes intervenantes en milieu communautaire auprès de ces parents pour comprendre les compétences et habiletés fondamentales mises de l’avant par les intervenants en milieux communautaires pour accompagner les parents dans les processus liés à la protection de la jeunesse.

La nuance entre "placés" et "pris en charge" ici est importante puisque la situation d'un enfant peut être prise en charge par la PJ sans nécessairement aboutir à un placement.

Méthodologie utilisée

Il s’agit d’une collecte de données qualitatives ayant été effectuée à l’aide de 28 entrevues semi-dirigées d’une durée moyenne de 90 minutes. Les 28 personnes participantes ont été sélectionnées par méthodes d’échantillonnage intentionnel / par choix raisonné et boule de neige. Celles-ci ont été sélectionnées à partir de deux critères : être à l’emploi d’un organisme communautaire québécois et avoir effectué un accompagnement ou une intervention au cours de la dernière année auprès d’un parent dont l’enfant a été placé par les services de la protection de la jeunesse. La sélection des personnes participantes a également tenu compte de la mission de l’organisme communautaire pour assurer une diversité dans les réponses.

Population ou objet d’étude

La population de l’étude est les « personnes intervenantes communautaires ayant accompagné au moins un parent d’enfant placé en vertu de la Loi sur la protection de la jeunesse » (p. 52).

Territoire visé par la recherche

Québec

Ce que révèle la recherche

L’intervention auprès de parents ayant au moins un enfant placé exige la mise en pratique d’habiletés particulières.

Les personnes intervenantes en milieu communautaire mettent en œuvre différentes habiletés liées à la relation d’aide (écoute, empathie, transparence, authenticité, etc.) et développent la capacité d’évaluer la situation du parent de façon « holistique ». Elles mobilisent également d’autres compétences liées à ce type d’interventions, telles que l’assistance des parents dans la gestion de défis procéduraux, administratifs ou liés à l’exercice de leurs compétences parentales. L’article souligne également l’importance de la collaboration des personnes intervenant en milieu communautaire avec les services et institutions liées au processus de placement d’un enfant.

Les personnes intervenant auprès des parents ayant un enfant placé ont développé une expertise dans ce domaine d’intervention.

Les intervenants sont en mesure d’avoir une vision globale de la situation des parents en plus de créer et de maintenir un lien de confiance avec eux. Cela leur permet de créer des espaces sécuritaires pour que les parents puissent s’exprimer. Ainsi, ces intervenants « ont développé une expertise riche pour soutenir les familles en situation de vulnérabilité ». (p.58)

La reconnaissance et la mise en pratique de cette expertise à travers la collaboration avec la protection de la jeunesse permettraient d’offrir un meilleur accompagnement des parents d’enfants placés.

L’expertise des personnes intervenantes « gagnerait à être reconnue » pour permettre de « consolider les collaborations entre la PJ et les partenaires qui œuvrent au quotidien avec les familles » et ainsi créer un « continuum de services » mis en place (p. 58). La reconnaissance de cette expertise pourrait ultimement mener à « un meilleur accompagnement pour les parents d’enfants placés. » (p. 59)

Le principal apport de cette étude est de documenter et de mettre de l’avant l’expertise des personnes intervenantes travaillant dans le milieu communautaire dans leurs interventions auprès de parents d’enfants placés. Cette expertise peut être mise à profit pour mettre en place une approche plus collaborative avec la protection de la jeunesse.

Les liens avec les droits de l’enfant (CIDE)


Droit concerné Article de la CIDE Liens avec la recherche
Le droit de ne pas être séparé de ses parents Art. 9

Ce droit prévoit qu’aucun enfant ne peut être séparé de ses parents contre leur gré, sauf si une séparation est nécessaire pour assurer son intérêt supérieur, par exemple, s’il se trouve dans une situation de maltraitance ou de négligence. Dans ce cas, la séparation doit être décidée par une autorité compétente en vertu de lois applicables dans l’État concerné. Ce droit inclut également le droit de l’enfant de conserver des contacts et des relations personnelles avec ses parents advenant une séparation.

L’article résumé ci-haut aborde les situations où l’enfant a été séparé de son parent en application de ce droit. Toutefois, à travers l’accompagnement des parents dans le processus de placement d’un enfant, l’expertise des personnes intervenant en milieu communautaire permet « d’aider les parents à cheminer dans le rétablissement des situations de compromission ayant mené au placement de l’enfant » (p. 59). Cet accompagnement peut ainsi favoriser le maintien des relations entre les parents et leur enfant, si cela est dans l’intérêt supérieur de ce dernier.

La responsabilité des parents d’assurer le développement de leur enfant et l’obligation de l’État de leur venir en aide Art. 18

Les parents sont les premiers responsables de l’éducation et du développement de leur enfant. L’État a une obligation corolaire d’aider et de soutenir les parents dans l’accomplissement de leurs responsabilités en cas de besoin.

L’article présente une manière dont l’obligation de soutien aux parents peut être mise en œuvre par l’État. Dans ce cas-ci, cette aide passe par l’accompagnement des parents d’enfants placés par les organismes communautaires. En effet, « [l]e placement survient généralement lorsque les parents sont confrontés à plusieurs situations de vulnérabilité (santé mentale, dépendance, violence conjugale, pauvreté, etc.) et peuvent avoir besoin de soutien pour faire face aux difficultés rencontrées. » (p. 50) Le soutien de la part des organismes communautaires permet donc de favoriser la reconnaissance de la responsabilité des parents en leur offrant un soutien psychologique et des façons d’exercer leurs devoirs d’une façon compatible avec l’intérêt supérieur de l’enfant.

Auteurs :
Émilie Pelletier, Frédérike Ross, Julie Noël et Deborah Ummel

Thématique principale :
Accompagnement des parents, protection de la jeunesse, intervention des organismes communautaires

Discipline(s) :
Travail social, psychoéducation

Année de publication : 2024

Type de publication :
Article de revue scientifique

Langue : Français

Références :
Émilie Pelletier et al, « Travailler dans un organisme communautaire et accompagner un parent d’enfant placé : quelles pratiques sont privilégiées ? » (2024) 160 Intervention 49.


Hyperlien vers la publication

Mots clés :

Organismes communautaires, placement en protection de la jeunesse, intervention, relation d’aide, parents d’enfant placé
Retour en haut